Financement

Financer une opération de marchand de biens

Une banque ne finance pas un bien, elle finance une sortie. Ce qu'elle veut savoir, c'est à qui vous revendrez, à quel prix, en combien de temps, et ce qui se passe si le marché se retourne. Voici comment construire un dossier qui répond à ces questions avant qu'elles soient posées.

Mis à jour le 4 min de lecture Rédigé par le cabinet MRP, experts-comptables à Bordeaux

Les formes de financement

SolutionPrincipeQuand elle convient
Crédit in fineCapital remboursé en une fois à la revente, intérêts pendant le portageLe montage le plus courant, adapté à un cycle court
Crédit amortissableRemboursement progressif du capitalRare, pèse sur la trésorerie pendant les travaux
Prêt relaisAdossé à un bien déjà détenu, en attente de sa venteQuand une opération en cours finance la suivante
Crédit-promoteurFinancement par tranches, adossé à un programmeOpérations de construction ou de restructuration lourde
Financement participatifLevée obligataire auprès d'investisseursComplément de fonds propres, coût plus élevé
Apport en compte courantFinancement par le dirigeant ou un associéRenforce les fonds propres aux yeux de la banque

L'apport : le premier filtre

C'est la question qui revient le plus : peut-on devenir marchand de biens sans apport ? Dans les faits, une banque finance rarement une première opération sans apport, car c'est sa seule protection contre une baisse de prix. Les niveaux exigés varient selon le profil, l'ancienneté de la société et le bien lui-même.

Trois leviers pour renforcer un dossier quand l'apport est limité :

  1. Associer un partenaire sur l'opération, par une société dédiée.
  2. Mobiliser un compte courant d'associé, bloqué le temps de l'opération.
  3. Commencer petit : une première opération modeste menée à son terme vaut, pour le banquier suivant, bien plus qu'un beau prévisionnel.

Les pièces du dossier, et ce que chacune démontre

PièceCe qu'elle prouve
Prévisionnel d'opération chiffréQue la marge existe après tous les coûts, y compris la TVA et l'IS
Plan de trésorerie mois par moisQue vous tiendrez jusqu'à la revente, travaux compris
Devis d'entreprisesQue le budget travaux est réel et non estimé au doigt mouillé
Comparables de vente récentsQue le prix de revente visé est atteignable
Comptes annuels et situationQue la société est saine et tenue correctement
Tableau des opérations passéesQue vous savez terminer ce que vous commencez
Étude du régime de TVAQue vous maîtrisez le poste fiscal le plus lourd

Le plan de trésorerie, le document qui fait la différence

La marge intéresse le banquier ; la trésorerie le rassure. Le plan se construit mois par mois : décaissements d'acquisition, appels de fonds des entreprises, intérêts, TVA déductible récupérée, encaissement de la revente.

Deux points que nous ajoutons systématiquement pour nos clients :

  • Le remboursement de crédit de TVA pendant la phase de travaux, qui améliore la trésorerie de plusieurs dizaines de milliers d'euros sur une opération avec travaux importants.
  • Un scénario de retard : la même opération avec six mois de délai supplémentaire. Présenter ce scénario spontanément inspire davantage confiance que de le laisser découvrir.

Les erreurs qui font refuser un dossier

  • Un prix de revente optimiste, non étayé par des ventes comparables récentes.
  • Un budget travaux sans devis, ou sans marge de sécurité.
  • L'oubli de la TVA dans le calcul de la marge, qui rend le prévisionnel non crédible.
  • Une comptabilité en retard : une banque qui demande une situation intermédiaire et reçoit des comptes vieux de dix-huit mois en tire ses conclusions.
  • Aucune date de sortie : une opération sans calendrier de revente est un risque non borné.

Le rôle de l'expert-comptable

Nous produisons les pièces chiffrées du dossier : prévisionnel d'opération, plan de trésorerie, situation comptable à jour, et la note qui explique le traitement de la TVA et des droits. L'objectif n'est pas de convaincre à votre place, mais de faire en sorte que le banquier n'ait aucune question sans réponse.

Questions fréquentes

Cet article présente les règles en vigueur à la date de mise à jour indiquée. Il a une vocation informative et ne constitue ni un conseil personnalisé ni un engagement du cabinet. Chaque opération doit faire l'objet d'une analyse au cas par cas.

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