Statut et société

Devenir marchand de biens : les étapes concrètes

Aucun diplôme ni carte professionnelle n'est exigé pour devenir marchand de biens. Ce qui fait la différence, c'est la structure juridique choisie, la maîtrise de la TVA et des droits, et la capacité à financer la première opération.

Mis à jour le 3 min de lecture Rédigé par le cabinet MRP, experts-comptables à Bordeaux

Les étapes

1. Valider le projet économique

Avant toute création, faites l'exercice sur une opération réelle que vous avez repérée : prix d'achat, travaux, prix de revente, délai. Si la marge nette après impôt ne dépasse pas 8 à 10 % du prix de revente, cherchez une autre affaire.

2. Choisir la structure

SAS, SASU, SARL ou EURL. Le choix se joue surtout sur le statut social du dirigeant. La SCI et la micro-entreprise sont inadaptées. Voir notre guide Quel statut juridique choisir.

3. Rédiger un objet social complet

L'achat d'immeubles en vue de la revente doit y figurer explicitement, avec les activités connexes : travaux, division, lotissement, location temporaire des biens en stock.

4. Constituer la société

Statuts, dépôt et libération du capital, publication, immatriculation. Pensez à la libération intégrale du capital, qui conditionne l'accès au taux réduit d'impôt sur les sociétés, et au choix de la date de clôture.

5. Préparer le financement

Apport, prévisionnel d'opération, plan de trésorerie et devis. C'est le dossier qui décide, pas la conversation. Voir Financer une opération.

6. Sécuriser la première acquisition

Avant le compromis : analyse du régime de TVA applicable à la revente, décision sur l'engagement de revendre, vérification de l'origine de propriété et de la date d'achèvement.

7. Organiser la comptabilité dès le premier euro

Codification analytique de l'opération, suivi des échéances, régime de TVA paramétré. Repartir en arrière après six mois d'écritures mal affectées coûte du temps et de l'argent.

Le budget de départ

Aucun montant standard n'existe, mais quatre postes sont incompressibles :

PosteNature
Apport pour l'opérationLe plus lourd, exigé par la banque
Frais de constitutionStatuts, publication, immatriculation
Frais d'acte à l'achatRéduits par l'engagement de revendre, mais non nuls
Trésorerie de fonctionnementIntérêts, assurances, taxe foncière, honoraires pendant le portage

Le piège le plus courant : calibrer l'apport sur l'achat seul, et se retrouver sans trésorerie pour les travaux et le portage.

Les erreurs de débutant que nous voyons le plus

  1. Acheter avant d'avoir vérifié le régime de TVA de la revente.
  2. Oublier l'impôt sur les sociétés dans le calcul de la marge.
  3. Sous-estimer le délai de revente, donc les frais financiers.
  4. Prendre un engagement de revendre sans organiser le suivi de l'échéance.
  5. Mélanger patrimoine personnel et activité, en logeant l'opération dans une SCI familiale existante.

Questions fréquentes

Cet article présente les règles en vigueur à la date de mise à jour indiquée. Il a une vocation informative et ne constitue ni un conseil personnalisé ni un engagement du cabinet. Chaque opération doit faire l'objet d'une analyse au cas par cas.

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